Loin d’être de simples imitations, ces bijoux atteignent un sommet d’inventivité, de sophistication et d’élégance. L’apparition d’Audrey Hepburn dans le film en est l’illustration parfaite. Le collier et le diadème marquent durablement les esprits, d’autant plus qu’ils contrastent avec le regard presque mélancolique qu’elle pose sur les véritables gemmes exposées chez Tiffany & Co..
Tous les bijoux portés par Audrey Hepburn ne sont pas signés Roger Scemama. Certains ont été commandés par la costumière Edith Head. Parmi eux, les boucles d’oreilles noires et cristal particulièrement graphiques, le collier flamboyant mêlant noir, argent et cristal porté lors d’une soirée, ou encore les simples clous de perles associés à un manteau abricot croisé à col montant et à un chapeau en fourrure, lors de la visite de Holly de la boutique Tiffany & Co. avec Paul. À l’intérieur de son refuge contre ce qu’elle appelle les “mean reds”, une forme d’angoisse plus intense que le vague à l’âme, elle confie à Paul : “Ce n’est pas que les bijoux m’intéressent vraiment, sauf les diamants, bien sûr.” Un temps, puis son regard se tourne vers la vitrine : “Comme celui-là.”
Une pierre Fancy Yellow
Le diamant qu’elle désigne est le légendaire Tiffany Diamond, une pierre Fancy Yellow de 128,54 carats taillée en coussin, seule véritable pièce de haute joaillerie visible dans le film. Le tournage de cette scène, un dimanche, mobilise un dispositif de sécurité exceptionnel. En octobre 1960, le New York Herald Tribune rapporte que cette journée de production, réunissant soixante-quinze techniciens, des dizaines de figurants, des employés et dirigeants de Tiffany & Co. ainsi que de nombreux agents de sécurité, coûte 45 000 dollars, tous étant payés en heures supplémentaires.
