Voilà des mois déjà que les fans d’Olivia Rodrigo espèrent cette annonce : celle d’un nouvel album, trois ans après la sortie de l’inoubliable Guts, qui a propulsé la chanteuse vers une toute autre sphère musicale. Ex enfant star des écuries Disney (révélée par la série spin-off des films High School Musical), elle était devenue pop star grâce à la viralité de son premier single “drivers license”, numéro 1 du top Billboard pendant huit semaines d’affilée. Avec son premier album Sour, sorti quelques mois plus tard, elle s’était imposée comme une nouvelle voix incontournable de la pop, autant inspirée par une compositrice comme Taylor Swift que par les légendes du rock américain, dont Jack White. Depuis, elle a continué d’imposer sa patte avec Guts, un deuxième album qui lui a permis de figurer en tête d’affiche d’un festival comme Glastonbury, jusqu’à y inviter l’Anglais Robert Smith (meneur des Cure) pour y reprendre les cultissimes “Friday, I’m in Love” et “Just like Heaven”. De quoi laisser présager un virage artistique pour sa nouvelle ère musicale ?
Olivia Rodrigo, une Américaine à Londres
Interrogée par la journaliste Amel Mukhtar pour British Vogue, dont elle est la cover girl pour le mois d’avril, Olivia Rodrigo s’est épanchée sur son amour pour la culture britannique, largement nourrie par sa relation avec l’acteur anglais Louis Partridge (croisée dans la franchise Netflix Enola Holmes). “Elle se dit anglophile”, écrit Mukhtar. “J’adore tout ce qui touche à l’Angleterre, la culture anglaise et les Anglais… J’aimerais bien m’installer ici à mi-temps un de ces jours” confirme la star. Faut-il, de fait, croire à un nouvel nouvel album nourri par le rock britannique des Cure ? Difficile de répondre à cette question pour l’instant, puisque ce troisième opus ne sortira pas avant le mois de juin. Selon la journaliste de British Vogue, deux ou trois chansons doivent encore être écrites. “C’était un véritable défi créatif d’écrire en puisant dans la joie, explique l’artiste. Quand on se sent en connexion avec quelqu’un, ou qu’on se sent vraiment bien, on n’est pas en train de ruminer dans sa tête des poèmes au goût doux-amer !”
L’artiste et la journaliste sont assises sur un banc à Primrose Hill lorsque la première fait écouter les trois premières chansons de son très attendu troisième album à la seconde – non sans stress. “Ces titres sont immédiatement émouvants, cinématographiques et tellement intimes que je n’ose pas la regarder pendant que je les écoute” écrit Mukhtar, avant de préciser : “Les fans avaient raison : ce sont toutes des chansons d’amour, mais qui traitent plus précisément de l’obsession et de l’angoisse qui y sont liées – ou de la dépression qui s’installe quand l’être aimé n’est pas là.” Plus tard, Olivia Rodrigo explique par mail : “Ce sont des ‘chansons d’amour tristes’. J’ai réalisé que toutes mes chansons d’amour romantiques préférées étaient belles parce qu’elles comportaient une pointe de peur ou de nostalgie.”
Quelque part entre un premier titre “soft rock fluide et planant” et une chanson plus rêveuse, la pop star écrit l’amour comme un Paul Thomas Anderson dans son film Phantom Thread – si l’on en croit l’interprétation d’Amel Mukhtar. Olivia Rodrigo explique s’être plutôt inspirée de la relation entre Miranda et Steve dans Sex and the City. Le troisième morceau que la journaliste a pu écouter est dépeint comme plus dansant et expérimental avec une fin orchestrale.