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Votre personnage est traversé par une mélancolie, une intériorité, des silences. Comment avez-vous travaillé cet aspect ? Par la physicalité, je crois. Sur la première semaine de tournage, nous avons défini une forme avec Nathan

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 03/12/2025

Votre personnage est traversé par une mélancolie, une intériorité, des silences. Comment avez-vous travaillé cet aspect ?

Par la physicalité, je crois. Sur la première semaine de tournage, nous avons défini une forme avec Nathan au fil des prises. Une fois que j’ai trouvé son corps, j’ai trouvé son énergie, la manière dont elle habite ses silences. Ce ne sont pas des silences de circonstance : elle est misanthrope, introvertie, en retenue. Très cartésienne. Elle s’accroche au concret – poser des questions à l’administration, chercher à comprendre – alors qu’elle est complètement débordée. L’enjeu était de trouver comment elle intègre les choses et comment elle parvient à tenir debout dans l’incertitude, pour soutenir ces enfants sans savoir de quoi demain sera fait. Tout cela s’est dessiné peu à peu sur le plateau.

Y a-t-il eu une scène plus difficile que les autres ?

La scène où Manon s’enfuit et que je la rattrape. Il y avait une petite cascade et nous devions tomber. Je ne voulais surtout pas lui faire mal. Son émotion était magnifique, très pure. La scène était émotionnellement très chargée.

Et une particulièrement réjouissante ?

J’ai beaucoup aimé le feu d’artifice que l’on regarde tous les trois. Et l’anniversaire des dix ans, qui était très mignon.

Suzanne, la sœur de votre personnage, part sans explication. Le film laisse le public imaginer les raisons. Aviez-vous votre propre idée ?

Je me suis mise à la place de Jeanne. J’ai aimé que le spectateur sache exactement ce qu’elle sait, c’est-à-dire pas grand-chose. On découvre tout en temps réel. Le personnage n’a pas une seconde d’avance sur le public. Je me suis laissée porter par cette absence de savoir. Jusqu’à la scène où la juge des affaires familiales propose une interprétation très brutale, qui me déstabilise complètement, et en même temps qui me touche en plein cœur. Je ne l’avais pas anticipée.

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Vous qui travaillez aussi à l’international, prenez-vous toujours autant de plaisir à tourner en France, notamment avec de jeunes réalisateurs ?

Bien sûr. Être cinéphile fait vraiment partie de la culture française, et j’adore être spectatrice. Et je suis très heureuse d’être invitée sur des premiers films, de voir naître un cinéaste. Pour un acteur, c’est une expérience très enrichissante. Le cinéma de Nathan capte quelque chose de la solitude de l’enfance qui me semble extrêmement politique. Et cela résonne de façon intime avec l’enfant que nous avons été. Moi, ça me bouleverse.

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