Rachel Sennott: lavenir de la comédie américaine, autrice dI Love LA

« J’ai attribué un signe astrologique à chacun de mes personnages », glisse-t-elle en riant depuis Los Angeles, où elle enchaîne les interviews sur Zoom pour I Love LA, la série qu’elle a écrite, produite

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 04/11/2025

« J’ai attribué un signe astrologique à chacun de mes personnages », glisse-t-elle en riant depuis Los Angeles, où elle enchaîne les interviews sur Zoom pour I Love LA, la série qu’elle a écrite, produite et réalisée pour HBO. En un temps record, Rachel Sennott s’est imposée comme la nouvelle voix chérie d’Hollywood, à qui l’on confie une fiction appelée à succéder, plus qu’à détrôner, des repères comme Sex and the City et Girls. L’intrigue suit un groupe d’ami·es installé à Los Angeles. Exit New York, place aux collines d’Hollywood et à leurs mirages, où s’exhibent les angles morts d’une industrie fascinée par elle-même et minée par l’envie, l’orgueil et la luxure — après tout, on est bien chez HBO.

Des fermes du Connecticut aux scènes de stand-up new-yorkaises

On la croirait native de L.A., tant elle s’y meut avec aisance, mondanités incluses. En réalité, Rachel Sennott a grandi loin des néons de la Fifth Avenue, au milieu des fermes, country clubs, piscines et greens de golf, dans une Amérique de petite ville très bourgeoise. Elle racontait en 2022 au magazine culturel The Editorial que la fille la plus populaire du lycée portait trois polos Abercrombie superposés, avec « populaire » écrit en paillettes dans le dos. Aînée d’une fratrie de cinq, élevée dans un cadre catholique strict, elle voit ses cadets grandir avec un peu plus de liberté. Adolescente, elle se convainc un temps qu’elle ira en enfer parce que son petit ami de l’époque lui a touché la poitrine lors d’un baiser sur le parking du lycée. Elle se passionne alors pour la comédie, sans encore connaître le stand-up. Sur scène au lycée, elle hérite toujours du rôle de la sorcière qui fait rire, jamais de la demoiselle en détresse. Diplôme en poche en 2014, une obsession s’impose: partir à New York. Elle s’inscrit à la Tisch School of the Arts de l’université de New York pour plonger dans le théâtre, le cinéma et les médias.

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Ses premières années à New York sont marquées par une faim d’absolu: elle veut tout tenter. Dès la première année, elle monte sur scène en stand-up, écrit ses sketchs et mitraille Twitter, où ses bons mots font mouche. L’un de ses posts de 2018 deviendra culte: une blague sur un rencard programmé avec 11 dollars sur son compte et l’espoir que l’autre ne soit pas « trop féministe ». Son humour, alors, navigue quelque part entre le teen movie She’s the Man et l’énergie de Jenny Slate. À l’université, au milieu de camarades masculins sûrs d’eux, elle se sent parfois intimidée, sous-estimée. Elle préfère les cafés-bars un peu défraîchis de Brooklyn, où l’anonymat lui permet d’essayer ses blagues face à des inconnu·es. Les premiers passages sont rudes — de quoi la faire encore rougir —, mais c’est là qu’elle forge ses réflexes, avec une discipline qu’elle attribue volontiers à son signe astrologique de Vierge.

Le stand-up lui offre aussi une communauté, loin du milieu étudiant parfois pédant. Elle y rencontre Ayo Edebiri (The Bear), avec qui elle coécrit la websérie Ayo et Rachel sont célibataires (2020), satire acérée du dating moderne. Et lorsqu’elle croise la cinéaste Emma Seligman, la trajectoire de Rachel Sennott s’éclaircit encore, prélude à une carrière où l’écriture, l’interprétation et la mise en scène s’alignent avec une assurance rare.

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