Cette fausse retenue crée un contraste puissant avec l’exubérance du Festival de Cannes, qui devient instantanément magnétique. Là où beaucoup de célébrités cherchent à maîtriser chaque détail de leur image, elle donne plutôt l’impression d’une présence instinctive, parfois mélancolique, parfois presque maladroite. Cette impression de vérité capte autant les photographes que le public.
Passion films d’auteur
En 2009, Charlotte Gainsbourg monte les marches de Cannes pour défendre Antichrist du cinéaste danois Lars von Trier, un film d’horreur alors vivement controversé pour ses thématiques dérangeantes : violences physiques extrêmes, scènes de sexe quasi pornographiques, brutalité gratuite… Sifflé lors de sa projection, le film n’en vaut pas moins à Charlotte Gainsbourg le Prix d’interprétation féminine. Un an plus tard, elle revient sur la Croisette pour Gainsbourg (Vie héroïque), avant de retrouver Cannes en 2011 avec Melancholia, puis en 2014 pour L’Incomprise, en 2017 pour Les Fantômes d’Ismaël, et enfin en 2021 avec Jane par Charlotte, où elle passe pour la première fois derrière la caméra.
Ces longs-métrages dessinent une filmographie cannoise cohérente, faite de rôles intenses, vulnérables, parfois dérangeants, qui renforcent son aura singulière. Finalement, Charlotte Gainsbourg fascine à Cannes parce qu’elle donne l’impression, après toutes ces années, d’appartenir au festival, mais sans jamais en adopter pleinement les codes.