Voilà maintenant des années que l’intelligence artificielle est entrée dans nos vies, influençant l’œuvre de multiples artistes. Au cinéma, les propositions pullulent depuis le Metropolis de Fritz Lang (sorti en 1927), et ce dans divers genres allant des films se déroulant dans l’espace aux romances futuristes les plus inquiétantes. Oui car c’est souvent la peur qui fait naître ces fantasmes autour d’un robot tout puissant, prêt à se retourner contre son créateur. Si certains envisagent ainsi l’IA comme un danger (c’est le cas de Chien 51, le film de Cédric Jimenez avec Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche), d’autres s’essayent au contraire à tracer les contours d’un outil plus nuancé, si ce n’est enviable. À suivre, une sélections de films où l’intelligence artificielle est placée au cœur de l’intrigue, provoquant de nombreuses réflexions et débats.
2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968)
2001, l’Odyssée de l’espace est sans doute le premier film qui nous vient à l’esprit en matière de représentation de l’intelligence artificielle sur le grand écran. Et pour cause, le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, sorti en 1968, peut se targuer d’avoir révolutionné le cinéma de science-fiction. Aujourd’hui considéré par la BBC comme l’un des meilleurs films américains de tous les temps, celui-ci voit l’astronaute David Bowman, interprété par Keir Dullea, voyager dans le cosmos avec Hal 9000, un ordinateur ultra-intelligent. Tandis que la conquête spatiale est un sujet brûlant aux États-Unis, qui se préparent activement à envoyer Neil Armstrong sur la Lune, Kubrick s’allie à la vogue et envoie ses protagonistes tourbillonner vers Jupiter à bord du Discovery. Avec sa créature mécanique qui questionne la moralité humaine, le cinéaste touche le public en plein cœur. Nos souvenirs sont également marqués par les décors impeccables et les costumes futuristes imaginés par Mary Quant et Hardy Amies. Par la suite, l’espace devient le thème privilégié des cinéastes voulant se frotter à l’IA et la robotique. En 2014, Christopher Nolan livre par exemple sa propre interprétation du sujet dans Interstellar, où il met en scène TARS, un automate pourvu de qualités humaines.