Rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés. C’est là que s’est installée l’emblématique maison italienne fondée à Milan en 1936. En pénétrant dans le café-restaurant aux banquettes en velours, imaginé par l’architecte Fabrizio Casiraghi, le décor boisé, semblable à celui de l’iconique bateau Riva, confère à ce huis clos une élégance surannée, propre à l’esthétique lombarde. Comme dans chaque institution, une figure incarne l’âme du lieu. Son nom : Alireza Niroomand. Ali, pour les intimes. Entrepreneur féru de gastronomie, d’art et de musique, l’esthète d’origine iranienne assure la direction artistique du Sant Ambroeus Hospitality Group. Il est toujours accompagné de son teckel nain à poils durs, Maurice, devenu la mascotte du restaurant – dog-friendly, indubitablement. “Ici, tout le monde est bienvenu”, souligne Alireza, en souriant. Une philosophie appuyée par le slogan du restaurant : “Welcome Home”.
Une table à Sant Ambroeus Paris
“On est complet pour les deux prochaines semaines, s’exclame Alireza, presque étonné. On dirait que le restaurant existe depuis des années.” La notoriété de Sant Ambroeus précède sa nouvelle adresse parisienne. “Notre clientèle est très fidèle. Depuis son inauguration, le 8 décembre à 7 h 30 tapante, le restaurant ne désemplit pas. C’est devenu un rituel quotidien pour les habitants du quartier”, poursuit-il dans son costume noir impeccable. Ce jour-là encore, le restaurant semble être le lieu de ralliement et de rencontre d’une clientèle d’habitués et d’une communauté de fidèles venus découvrir le décor d’inspiration années 1930 et goûter la célèbre carte italo-américaine. Au menu ? Osso bucco, vitello tonnato, mais aussi lobster rolls et caesar salad. Sans oublier les aperitivi et cocktails signatures de la maison.
Paradoxalement, l’atmosphère y est à la fois intime et théâtrale. Aménagée sur différents niveaux, la structure arrondie promet un moment intimiste, loin de la rumeur de la ville. Sant Ambroeus est un monde en soi. Selon l’heure, on déjeune sur les tables ornées de nappes blanches, comme le chef Luca Pronzato, fondateur des expériences culinaires et créatives We Are Ona, croisé par hasard ce jour-là. On passe prendre un espresso sur le pouce, on déguste un Martini confortablement installé au bar, dont les bas-reliefs en vitraux représentent les skylines de Milan et de New York, clin d’œil à la double culture de Sant Ambroeus.
De sa maison mère italienne à Aspen, en passant par New York ou Palm Beach, Sant Ambroeus écrit une histoire cosmopolite. Sa genèse nous plonge dans la haute société milanaise de la fin des années 1930. Son nom est d’ailleurs un hommage au saint patron de la ville. Cours Matteotti, à quelques pas du théâtre de la Scala, la pasticceria e confetteria devient le bastion de l’intelligentsia, des nobles et bourgeois de l’époque. On s’y presse pour déguster une pâtisserie typique ou des dolci, ces douceurs sucrées dont les Italiens ont le secret. Marbre blanc, mosaïques, boiseries et lustres Art déco – made in Murano – ponctuent ce décor cinématographique digne de la dolce vita où l’élite milanaise défile dans ses plus beaux apparats. Mais c’est finalement à New York que s’écrit le futur de la maison italienne.
