McQueen automne-hiver 2026-2027
Sommes-nous tous aliénés par l’instantanéité des réseaux sociaux, la tête constamment dans le guidon, emportés par le rythme effréné du quotidien ? Dans cette époque saturée d’images et d’informations, le flot incessant de publications nous pousse à nous comparer sans cesse aux autres, à mesurer notre vie à l’aune de celle d’autrui, nourrissant un désir toujours plus intense d’authenticité. Cette réflexion se retrouve dans le défilé McQueen automne-hiver 2026-2027 de Seán McGirr, qui joue sur les contrastes et les paradoxes. Le directeur artistique y propose les clés d’un retour aux sources, vers “quelque chose d’intime, de viscéral et de réel.”
Un défilé sous tension
La frontière entre l’intérieur et l’extérieur est brouillée : la nuisette soyeuse sublimée de dentelle florale se porte légèrement transparente, par-dessus un top ajouré. La veste d’intérieur prend de la hauteur pour se décliner en bomber matelassé à porter au quotidien, tandis que des fleurs sauvages brodées à la main émergent de silhouettes des années 1960. Cette saison, Seán McGirr s’est particulièrement inspiré d’une décennie emblématique, explorant notamment les figures cultes de Londres comme Mary Quant, la créatrice de la minijupe. Plusieurs mannequins arboraient ainsi des coupes pixie rappelant celle de Rosemary dans Rosemary’s Baby. Le tailoring signature de Savile Row est lui aussi réinventé, à travers des silhouettes aux coupes tranchées, adoucies par des détails plus fluides, comme un col de blazer en cascade.

