Prenez Julia Nobis. À l’ouverture, elle avançait dans un long manteau noir, parent éloigné des volumes rétrécis présentés pour l’homme, une écharpe tricotée main soigneusement nouée au cou. Lorsqu’elle réapparut, le manteau avait disparu, révélant un épais pull zippé. Au troisième passage, sans le pull, la jupe se révélait robe. Au quatrième, on découvrait en fondation une nuisette diaphane et des dessous sages, presque d’un autre temps. Le récit se poursuivait avec Bella Hadid, Liu Wen, ou Amanda Murphy, chacune orchestrant ses propres métamorphoses.
Une ode à l’imperfection
Comme dans la collection masculine dévoilée en janvier, nombre de pièces semblaient déjà vécues, aimées, patinées par le temps, comme exhumées du fond d’un placard. Les poignets de chemise étaient légèrement marqués, les ourlets effilochés ou traînant un fil libre, la surface cirée des vestes Harrington se fissurait pour laisser apparaître un pied-de-poule sous-jacent, les talons des robustes Richelieu portaient des traces d’usure préméditée. Rien de tout cela n’entamait leur désirabilité. L’essor du marché de la seconde main l’a prouvé, l’imperfection séduit, elle rassure, elle ancre le vêtement dans une histoire tangible.

