Cette exposition au Grand Palais s’annonce sublime et audacieuse !

C’est d’abord sur les murs du Broad à Los Angeles que l’exposition de Mickalene Thomas s’est déployée. Elle rejoint ensuite ceux de la Fondation Barnes de Philadelphie, puis les salles à hauts plafonds de la

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 18/12/2025

C’est d’abord sur les murs du Broad à Los Angeles que l’exposition de Mickalene Thomas s’est déployée. Elle rejoint ensuite ceux de la Fondation Barnes de Philadelphie, puis les salles à hauts plafonds de la Hayward Gallery de Londres au début de l’année. Reconnue pour ses portraits multicouches, riches en textures et parsemés de strass, l’artiste américaine nomme son projet All About Love, en clin d’œil à l’ouvrage fondateur de bell hooks. Au cœur de l’événement : l’amour, envisagé comme un acte radical et transformateur.

“Ma première muse”

À travers une grande diversité de médiums (photographies, collages, peintures, installations et films), Mickalene Thomas célèbre la beauté, la complexité, la joie et la résilience des femmes noires — composant ainsi une lettre d’amour XXL à leur adresse. Parmi elles, Sandra Bush, sa mère, ex-mannequin ayant lutté contre la toxicomanie. C’est elle que l’artiste appelle sa “première muse” et c’est son portrait qui accueille les visiteurs dans l’exposition londonienne. À partir d’une photo, un collage gigantesque (titré Mama Bush : (Your Love Keeps Lifting Me), Higher and Higher) représente une femme noire souriante, à l’afro scintillant sur fond de brocards, de dentelles pailletées, de perles et de morceaux de bois.

Plus loin, se déploie une reconstitution minutieuse du salon de la mère de Mickalene Thomas. Cette installation immersive, ornée de papiers peints sur mesure, de textiles et de meubles vintage – dont beaucoup proviennent des archives familiales de l’artiste – comprend également une paire de Crocs (les chaussures préférées de sa mère) moulées en bronze, ainsi qu’un bracelet et un pantalon en cuir. “Elle détestait les jeans, mais elle adorait les pantalons en cuir”, confie la plasticienne. Tous ces objets personnels et évocations de souvenirs sont accompagnés d’une bande-son de soul des années 1980. Comme le souligne Mickalene Thomas : “Luther Vandross passait toujours en boucle dans la maison”. Contactée par Vogue à l’occasion de son exposition, l’artiste évoque la trajectoire complexe de sa mère, dont la présence continue d’irriguer sa vie et son œuvre.

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Mickalene Thomas, Mama Bush : (Your Love Keeps Lifting Me), Higher and Higher, 2009 © Mickalene Thomas.

Le témoignage de Mickalene Thomas

“Ma mère a toujours travaillé. Elle était toujours occupée, elle allait toujours de l’avant, même quand sa carrière de mannequin s’est interrompue. Elle est devenue conseillère pour mineurs dans l’État du New Jersey, consacrant sa vie à l’écoute et à l’accompagnement des plus jeunes. Un jour, elle a rencontré son futur petit ami de longue date. Il se droguait, mais en tant qu’enfant, je n’en avais aucune idée. Il y a tant de choses qu’on nous taisait, à mon frère et à moi. J’ai donc commencé à faire des allers-retours chez mes grands-parents dans le South Jersey. C’est comme ça que ma mère me protégeait de ce qui se passait”, raconte Mickalene Thomas.

Elle poursuit : “Vers 11 ans, j’ai arrêté de déménager et je vivais à temps plein avec ma mère et mon frère dans un petit deux-pièces. Ma mère rendait visite à son copain en prison, et même si je ne le comprenais pas vraiment à l’époque, je savais que quelque chose avait changé. Quand on est enfant, on assemble les choses par fragments pour donner du sens au monde qui nous entoure. J’ai remarqué que ma mère travaillait moins et qu’elle dormait tout le temps. Je ne savais pas qu’elle luttait contre l’addiction. Je n’avais pas le vocabulaire pour comprendre cela – jusque-là, je n’avais pas grandi avec des toxicomanes, je ne savais pas à quoi cela ressemblait. Je savais seulement que quelque chose n’allait pas. Et à 13 ans, il était devenu évident que ça n’allait vraiment pas. C’est pourquoi j’ai emménagé définitivement chez ma grand-mère. Pendant des années, ma mère est entrée et sortie de la dépendance. Pendant longtemps, elle a tenu bon – elle a sauvé les apparences, elle a subvenu à mes besoins et à ceux de mon frère, elle a créé un foyer pour nous. Elle était très attachée à sa famille. Peu importe ce qu’elle traversait, elle veillait à ce que nous soyons entourés d’amour par nos tantes, nos oncles et nos cousins. Je me souviens de ces réunions de famille, des belles conversations, de la façon dont elle appréciait ces liens. C’était important pour elle. Elle était ce que l’on pourrait appeler une ‘toxicomane fonctionnelle’. Elle le cachait à beaucoup de gens. Jusqu’au jour où cela n’a plus été possible.

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