Rien ne met autant l’algorithme de Google en ébullition que la rumeur d’un retour du skinny jean. Pourtant, pour l’automne-hiver 2025-2026, les créateurs semblent avoir trouvé un autre terrain de conspiration nostalgique : celui des bottes slouchy, qui s’affaissent nonchalamment autour de la cheville et se froissent le long du mollet. Aperçue jadis aux pieds de Kate Moss ou Sienna Miller, cette silhouette flirte avec un imaginaire délicieusement aventureux, quelque part entre bohème rock et allure de flibustier, autre mythe fondateur des années 2000.
Balmain, Ralph Lauren…
Sur les podiums de la saison, Ralph Lauren et Zimmermann ont choisi la voie de la subtilité, déclinant des bottes en cuir élégantes, hauteur genou, animées de boucles d’inspiration corsaire et d’un plissé maîtrisé. D’autres maisons ont préféré embrasser pleinement l’esthétique pirate. Chez Balmain, les bottes froissées prenaient des proportions spectaculaires : si amples qu’elles semblaient presque capables d’abriter une jambe supplémentaire, certaines dissimulant même des bourses secrètes nichées dans leurs replis, pensé pour cacher son trésor à même la botte.
Chez Louis Vuitton, la nostalgie bohème des années 2000 s’exprimait à travers des bottes cloutées doublées de peau lainée, ondulant autour de la cheville. Une image immédiatement évocatrice de Sienna Miller en 2003. Ailleurs, la jambe se faisait plus structurée, le cuir se repliant nettement sur le haut du mollet, dans une veine presque romanesque rappelant l’allure des Trois Mousquetaires.
Ce retour en grâce trouve l’un de ses déclencheurs dans l’intérêt renouvelé pour les mythiques bottes Pirate de Vivienne Westwood. Imaginées dans les années 1980 avant de devenir l’un des symboles du vestiaire des années 2000, elles ont récemment refait surface lorsque le groupe Haim s’est photographié en référence à une image iconique de Kate Moss, adossée à une voiture, chaussée de ces bottes bouclées et volontairement avachies. Présentes dès le tout premier défilé de la créatrice, Pirate, à l’automne-hiver 1981-1882, portées avec des chemises smockées et des bottes d’amiral, elles incarnaient déjà un esprit de rébellion. “Malcolm [McLaren] et moi ne voulions pas être perçus comme de simples rebelles décoratifs”, confiait plus tard la créatrice. “Nous voulions quitter cette île et piller le monde, comme des pirates.”
Autre maison indissociable de cette silhouette : Isabel Marant, pionnière du bohème moderne. Plus tôt ce mois-ci, Vogue déclarait qu’”Isabel Marant sonne particulièrement juste aujourd’hui”, notant au passage que même la basket compensée a vu ses recherches bondir de 1 580 % sur eBay en un an. Parmi les signatures historiques de la maison figurent ces bottes en daim souple, comme écrasées par le temps, dont la matière se plisse et se rassemble autour de la cheville avec une désinvolture étudiée.
Si les bottes blanches en cuir souple convoquent immanquablement l’esthétique des années 1980, la palette de l’automne se décline désormais dans des tonalités plus profondes et sensuelles (châtaigne, noir, gris, bordeaux). Elles se prêtent également à merveille au retour du boot tuck des années 2000, aperçu dès février dernier sur la scène street style. “Les skinny jeans ont si bien marché pour être glissé dans des bottes”, expliquait alors Julia Hobbs de Vogue. “Ce qui avait commencé comme une relecture ironique du date-night dressing des années 2010 est devenu mon uniforme quotidien.”
Quelle que soit leur position sur l’échelle du pirate, du corsaire sophistiqué au flibustier assumé, ces bottes accueillent sans effort un jean cigarette bien ajusté. Focus sur les plus beaux modèles.
La sélection Vogue des meilleurs bottes slouchy :
Article publié initialement sur vogue.co.uk
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