Jacques Garcia nous ouvre les portes du Château du Champ de Bataille et ses jardins

En particulier au cœur des jardins, ouverts au public, où il appréhende le végétal d’une façon contemporaine tout en respectant les plans prévus par le paysagiste du roi Soleil. “Le jour où j’ai mis la

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 03/12/2025

En particulier au cœur des jardins, ouverts au public, où il appréhende le végétal d’une façon contemporaine tout en respectant les plans prévus par le paysagiste du roi Soleil. “Le jour où j’ai mis la main sur le plan de Le Nôtre, tel qu’il était pensé au xviie siècle, j’ai compris comment insuffler cette contemporanéité. Je savais de quelle manière concevoir cet axe quasi cosmique, la modernité est ici dans la taille”, explique le propriétaire. Il faut dire que les dimensions sont babyloniennes. Un million de cubes de terre a été mis à niveau, et chaque panorama verdoyant est pensé comme un tableau. Les haies de charmilles ondoient telles des vagues, à plus de douze mètres de haut, titillant la rétine sur les jeux de proportion. Il recrée les dentelles de buis et les bosquets qui les encadrent. Un peu plus loin, un bassin rond mène à un tapis vert encadré lui aussi de cubes en ifs vertigineux. Une grande cascade, comme un escalier d’eau, rappelle la Fontaine de Saint-Cloud dont son créateur a pu faire ici les moulages des masques et de vases. Au niveau du perron, un canal de 550 mètres de long domine le site, contrairement à Vaux-le-Vicomte où il est en contrebas. Il s’exerce une forme de synergie entre le dedans et le dehors. Le palais et ses 8 mètres de hauteur ne font qu’un avec l’extérieur, les salons installés expressément au premier étage à dessein. En ce sens, en mars 2025, ce joyau architectural touche au Graal, avec l’obtention de 3 étoiles Michelin Voyages & Culture. Un gage de prestige absolu et rarissime qui renforce son aura nationale. Jacques Garcia précise : “Il n’y a pas de gloire possible sans forme de démesure ou ce que l’on pouvait appeler folie architecturale. Louis II de Bavière a peut-être ruiné son pays, mais près de deux siècles plus tard, le monde entier continue de le visiter. Le talent ne peut pas être économique. Si l’on est raisonnable on ne fait de projets pérennes d’envergure. »

Château du Champ de Bataille

Château du Champ de BatailleAdrien Dirand

Château du Champ de Bataille

Château du Champ de Bataille

Adrien Dirand

Un parallèle qui éclaire la philosophie du maître des lieux : cultiver la grandeur, quitte à frôler l’excès, car finalement l’esthétisme survit aux contingences. Champs de Bataille touche à l’utopie, un rêve matérialisé en pierre, eau et végétal. Un lieu qui invite également à s’évader. Certaines parcelles mettent à l’honneur différents pays et cultures. À l’image du jardin italien qui renferme des ruines romaines reconstituées donnant l’impression de déambuler à travers un forum enchanteur. L’allée des sphinx qui sont taillés en topiaire néoégyptien réveille des fantasmes cléopatriens. Tandis qu’au bord d’un lac artificiel, un pavillon indien moghol est escaladé d’une végétation dense, comme si l’on s’apprêtait à fouler l’antre d’un maharajah. À quelques encablures d’une grotte phénoménale et d’un espace pour les enfants. Il précise : “J’aime l’idée qu’on puisse voyager chez nous, dans le réel. Plus jeune, je l’ai d’abord fait en lisant des livres ou en me promenant avant de pouvoir m’offrir un billet de train pour la Côte d’Azur”. À la manière d’un songe, on plonge dans des panoramas qui évoluent aussi au gré des saisons.

Lire aussi :  Adoptée en 1990 par Claudia Schiffer et Lady Diana, cette tendance est la valeur sûre des...

Laisser un commentaire

Précédent

Cheval Blanc Courchevel : ne cherchez plus, voici l'endroit le plus magique où passer vos…

Suivant

Eau protéinée : quelle est cette tendance bien-être devenue virale sur les réseaux…