Ralph Lauren a déployé lAmerican Way of Life au-delà des États-Unis

Pour saisir l’attrait durable pour l’esthétique de Ralph Lauren, il suffit d’observer sa vision de la mode : des vêtements qui refusent les cases et multiplient les expressions d’une même élégance — clin d’œil à Fred

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 04/11/2025

Pour saisir l’attrait durable pour l’esthétique de Ralph Lauren, il suffit d’observer sa vision de la mode : des vêtements qui refusent les cases et multiplient les expressions d’une même élégance — clin d’œil à Fred Astaire, accents Santa Fe ou Nouveau-Mexique, esprit prairie ou allure d’aviateur — au service d’images devenues des classiques de la culture américaine. Au-delà du créateur, Ralph Lauren est le grand récitiste d’une Amérique idéalisée, qu’il façonne et magnifie depuis 1967. Il nourrit le mythe de l’American Dream et l’incarne lui-même : enfant d’immigrés né dans le Bronx, hissé parmi les figures majeures de la mode mondiale. Cette capacité à raconter un pays, à le styliser et à l’exporter, a largement contribué à diffuser l’American Way of Life bien au-delà des États-Unis.

Les polos et le style Ivy League

Ce récit de réussite, véritable culte du “winner”, imprègne l’imaginaire américain. Les premiers collectionneurs passionnés de la griffe RL venaient des quartiers populaires, au moment où le hip-hop transformait New York. En 1988 apparaît le Lo-Life Crew : un clin d’œil à “low-life” rebaptisé “Lo” en hommage à Polo. Leur credo : s’habiller en Polo de la tête aux pieds, sous-vêtements compris. Ce qui les fascinait, raconte Rack-Lo, fondateur du mouvement, dans Lo-Life: An American Classic (éd. powerHouse Books), c’est que ces pièces ouvraient l’horizon : la vie “ne se limitait plus à Brooklyn”, elles devenaient des symboles palpables de réussite sociale.

À travers ses polos iconiques et une garde-robe preppy inspirée des campus de l’Ivy League, la maison a imposé un langage visuel immédiatement reconnaissable. Certaines références frisent la légende urbaine. Exemple culte : le sweat “Snow Beach” porté par Raekwon du Wu-Tang Clan dans le clip “Can It Be All So Simple” en 1993, issu de la ligne Snowboarding de Polo Sport : quasi introuvable, ses rares rééditions dépassent souvent les 2 000 euros. La marque a même inspiré l’expression “suicide jacket”, témoignant d’une convoitise extrême : on se damnerait pour une Downhill Skier Jacket de 1989.

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