Les 15 meilleurs films sur le cinéma

Depuis sa naissance à la fin du XIXème siècle, le cinéma n’a jamais cessé d’être fasciné par lui-même. Comme un rêve dans le rêve, le film se regarde souvent dans un miroir légèrement déformé, émerveillant

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 03/11/2025

Depuis sa naissance à la fin du XIXème siècle, le cinéma n’a jamais cessé d’être fasciné par lui-même. Comme un rêve dans le rêve, le film se regarde souvent dans un miroir légèrement déformé, émerveillant le spectateur tout en dissimulant la magie de son illusion. Le cinéma, en somme, a toujours été amoureux de lui-même.

Les meilleurs films méta

Dans le court-métrage des frères Lumière, La Sortie de l’usine Lumière à Lyon (1895), considéré par de nombreux historiens comme la première œuvre cinématographique de l’histoire, les ouvriers que l’on voit à l’écran ne quittent pas n’importe quelle usine : ils sortent de celle des réalisateurs (l’usine Lumière), où étaient fabriquées et développées des plaques photographiques. Ce film devient donc un regard tourné vers l’intérieur du processus de création au moment même de sa naissance et, en même temps, le tout premier “film méta”.

Au cours du siècle qui suivra, les cinéastes reviendront sans cesse à cette forme réflexive : pour examiner leur propre démarche artistique, repousser les limites formelles, dévoiler un secret caché, ou plus souvent encore, tourner en dérision une industrie enfermée dans sa propre tour d’ivoire.

Vogue a rassemblé une sélection de films cultes qui parlent du cinéma et de son industrie. À travers leurs multiples jeux de miroirs et d’images dans l’image, chacun de ces films capture quelque chose d’unique sur son époque tout en rappelant une vérité universelle : d’une manière ou d’une autre, tous les films parlent du mystère de leur propre création.

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La Lanterne magique de Georges Méliès (1903)

Georges Méliès fut à lui seul un véritable studio de cinéma. Cet illusionniste devenu réalisateur a, à lui seul, inventé les genres du fantastique, de l’horreur et de la science-fiction, avec des chefs-d’œuvre devenus mythiques comme Le Voyage dans la Lune ou Le Royaume des fées. Magicien dans l’âme, il ne filma pourtant jamais la célèbre maison de verre parisienne qui devint le premier studio de cinéma au monde ; un lieu qui inspirera plus tard Martin Scorsese pour son film steampunk, Hugo Cabret. Dans La Lanterne magique, Georges Méliès nous invite à découvrir les coulisses ludiques d’une lanterne magique sortie tout droit d’une boîte à jouets géante, projetant une série d’images en mouvement superposées sur un écran, avant que des dizaines de personnages costumés ne jaillissent de la boîte pour entamer une chorégraphie extravagante. Très vite, le chaos s’installe dans le studio : ballerines, soldats de plomb et marionnettes se dispersent dans une frénésie joyeuse. En à peine cinq minutes, La Lanterne magique capture l’énergie du cinéma à ses débuts : une explosion de magie pure. (Erik Morse)

Sherlock Junior de Buster Keaton (1924)

Probablement le film le plus audacieux de Buster Keaton, Sherlock Junior est une véritable déclaration d’amour au cinéma et à son pouvoir d’illusion. Dans cette œuvre muette aussi drôle qu’expérimentale, l’acteur incarne un projectionniste de cinéma qui rêve de devenir détective. Faussement accusé par un escroc local d’avoir volé le père de sa petite amie, il s’endort dans la cabine de projection et, dans un moment de pur cinéma, saute littéralement à l’intérieur de l’écran pour résoudre le crime. Le critique Dwight Macdonald dit que cette séquence de “film dans le film” surpasse même les inventions visuelles des géants du surréalisme comme Dalí, Buñuel ou Cocteau, les faisant presque paraître timides en comparaison. Moins d’une décennie plus tard, l’arrivée du cinéma parlant remplace la poésie visuelle du muet par la primauté du dialogue et du réalisme narratif, bouleversant à jamais le système hollywoodien qui avait fait de Buster Keaton une star. Sherlock Junior demeure ainsi l’un des plus grands hommages à cette époque magique du cinéma, où tout semblait encore possible, et où l’écran n’était pas une limite, mais une porte ouverte vers le rêve. (Erik Morse)

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