Lee Miller racontée au Vogue Café : bien plus qu’une muse

Comme on pouvait s’y attendre le rôle d’épouse lui apparaîtra vite trop étriqué. Vers 1938, alors qu’elle a fait la connaissance de l’écrivain anglais Roland Penrose, elle part avec lui en Syrie, dans les Balkans,

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 08/03/2026

Comme on pouvait s’y attendre le rôle d’épouse lui apparaîtra vite trop étriqué. Vers 1938, alors qu’elle a fait la connaissance de l’écrivain anglais Roland Penrose, elle part avec lui en Syrie, dans les Balkans, en Roumanie. Pour accompagner les enquêtes des journalistes, elle se frotte au reportage: « Au-delà de l’esthétique, il s’agit de témoigner de l’histoire », explique Fanny Schulmann.

D’art et de guerre

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Lee Miller s’installe à Londres. D’abord volontaire pour Vogue anglais, elle va être embauchée et devenir l’une des principales photographes du magazine. En mode, d’abord… et fait poser les mannequins avec des masques anti-incendie durant le Blitz!

Dixit Isabelle Lortholary, “elle montre la guerre autrement.” Les grenades deviennent accessoires, l’attention au détail font de ses photographies des images étonnantes. Pour preuve, les troupes alliées revêtues de chemise de nuit empruntées à des civils alsaciens pour avancer camouflées…

Et puis, évidemment, la fameuse photo de la baignoire d’Adolf Hitler, juste après le suicide de celui-ci, le 30 avril 1945. Après avoir découvert les camps de concentration Buchenwald et Dachau, elle propose ses clichés au Vogue qui, outrepassant sa ligne éditoriale, les publie. Avec son ami et complice David Scherman, qui l’accompagne durant cet éprouvant périple lors de la débâcle nazie, Lee Miller a l’idée de mettre en scène un bain. Les godillots crottés sur le tapis de bain. Le cadre représentant Hitler sur le rebord carrelé. Tous deux sont « conscients de cette dimension profanatoire », précise Fanny Schulmann. Qui confère, plus de 80 ans plus tard, une mémorable – et étrange – dimension à ce cliché.

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Oublier la muse, réhabiliter l’artiste

Après la Seconde Guerre mondiale, Lee Miller travaille de moins en moins. Travaillée par ses addictions et des phases dépressives, elle s’isole dans la campagne britannique avec son fils et Roland Penrose. Lequel, nous apprend Fanny Schulmann, “demande à Vogue de ne plus lui commander des articles car cela la plonge dans une profonde mélancolie.” Ce qui ne m’empêchera guère de brosser, avec son impétueux talent, le portrait d’amis artistes…

À la fin de sa vie, Lee Miller prétend que ses archives ont disparu. Pour refouler des images traumatiques ? Pour entretenir le mystère ? Fanny Schulmann et Isabelle Lortholary s’interrogent. On ne le saura jamais mais, comme le précise la première, “c’était une personne qui gardait pour elle ses blessures secrètes.”

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