La collection traduit cette intention avec clarté. Les lignes évoquent parfois l’architecture médiévale qui l’a inspirée, mais les matières somptueuses et la précision des constructions demeurent fidèles au canon Max Mara. Tuniques, tabards et tee-shirts en suède se déclinent dans un gris sourd, presque métallique, comme terni par le temps, ponctués de rivets qui suggèrent l’armure plus qu’ils ne l’imitent. Une longue cape en cachemire camel, aux épaules soulignées d’empiècements de suède, convoque une majesté romantique aussitôt réinterprétée par un sweat à capuche contemporain en cachemire contrecollé. Des manteaux teddy brossés, sans col, se ferment par des lanières de cuir, tandis que des bottes plates à bout carré, gainées de suède souple, ondulent le long de la jambe jusqu’au-dessus du genou. Une robe habit en laine et cachemire bruns, longue jusqu’au sol, se voit renforcée à l’épaule d’un patch de suède, comme un signe discret de protection. Un manteau teddy ivoire à larges revers et manches kimono déploie une ampleur presque épique, en écho à la figure de Matilde di Canossa, muse revendiquée par Ian Griffiths. De longs gantelets de suède prolongent nombre de silhouettes, ajoutant une tension dramatique contenue.

