Aux César 2026, le succès du film “Arco” n'a rien eu d'un hasard

Combien de temps faut-il pour faire un film ? Deux ans ? Cinq ? Dix, ou plus encore ? Dans le cas d’Arco, premier long-métrage d’Ugo Bienvenu, on peut situer l’histoire en 2014, voire avant,

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 27/02/2026

Combien de temps faut-il pour faire un film ? Deux ans ? Cinq ? Dix, ou plus encore ? Dans le cas d’Arco, premier long-métrage d’Ugo Bienvenu, on peut situer l’histoire en 2014, voire avant, sur le tournage d’un autre film : Eden. Il y joue un rôle, mineur, mais s’occupe surtout des décors. C’est ainsi que sa route croise celle de Félix de Givry, qui devient très vite un partenaire créatif, et un ami proche. Mais c’est plus encore qui se cristallise sur ce plateau : là se côtoient Vincent Macaigne, Vincent Lacoste ou Louis Garrel (qui, s’il n’est pas dans le film, passait beaucoup sur son tournage). Ugo Bienvenu s’en souvient : “C’est vrai que les tournages ressemblent à des colonies de vacances, on se quitte et on ne se revoit pas. Mais c’est la grande qualité de Félix de Givry, il fédère beaucoup les gens et garde contact avec ceux qui croisent sa route.” À l’époque, rien ne les prédestine, presque quinze ans plus tard, à dévoiler un long-métrage comme Arco. Pourtant, Bienvenu vient de monter son premier studio d’animation, et de Givry, lui, est à la tête d’un label de musique indépendant : Pain Surprise. Ainsi naissent leurs premières collaborations, avant le parcours ambitieux d’Arco, réalisé par le premier et produit par le second sous la bannière de leur société commune : Remembers, fondée en 2018. En cela, Arco est bel et bien le tout premier long-métrage du duo, sélectionné aux Oscars 2026 dans la catégorie “meilleur film d’animation”. Alors que les César 2026 viennent de s’achever, et qu’elle en repart lauréate de deux prix : “meilleur film d’animation” et “meilleure musique”, Vogue revient sur l’histoire d’une œuvre dont le cheminement fut jalonné d’obstacles.

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Préserver les enfants

Nous sommes en 2020 quand naît la première idée du film qui deviendra Arco. En pleine pandémie de Covid-19, Ugo Bienvenu pense à l’avenir. Au monde que nous allons laisser aux générations futures. Pourtant, il n’est pas encore père (il a depuis eu deux enfants), mais la parentalité le travaille déjà. “À cette époque, je savais que je voulais devenir père. Que ce désir se concrétise n’a pas influencé l’histoire du film, se souvient-il. Arco vient plutôt puiser dans mon enfance à moi, davantage que chez celle de mes propres enfants. J’avais l’impression qu’on ne considérait pas l’adulte qui était en moi.” Ainsi sont nés les personnages d’Arco et d’Iris. Le premier vient d’un futur lointain du nôtre, et peut voler à travers l’espace-temps grâce à une cape arc-en-ciel. La seconde vit en 2075, une époque plus proche, qui n’est en réalité, dans l’esprit du réalisateur, qu’une version augmentée de notre présent. Les catastrophes provoquées par le changement climatique ont poussé les humains à se retrancher chez eux, sous des dômes protecteurs qui régulent l’air et la température, et protègent des incendies qui ravagent la planète Terre. Les adultes, trop absorbés par leur travail, ont acheté des robots (d’aucuns reconnaîtront Mikki, personnage récurrent de l’univers d’Ugo Bienvenu) pour prendre soin de leurs enfants pendant leurs absences répétées. “Iris est donc plus adulte qu’Arco, et lui est plus gamin, parce qu’il a la chance de pouvoir l’être, résume le cinéaste. C’est aussi le but du film : montrer qu’il y a des moments dans l’histoire de l’humanité où on arrive à préserver les enfants, et d’autres où c’est moins le cas. Aujourd’hui, je trouve qu’on est dans une époque où on ne préserve pas la fragilité et la sensibilité des enfants, qui sont très exposés aux dangers et aux horreurs du monde. Ma génération était plus préservée de ça.”

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Il est étonnant d’entendre Ugo Bienvenu parler de son enfance comme d’une période préservée des horreurs du monde. Fils d’un père diplomate, il grandit entre le Tchad, le Mexique et le Guatemala, parfois dans des zones en guerre. À l’âge adulte, il poursuit des études aux Gobelins, école qui lui permet de faire de nombreux échanges à l’étranger, comme à la prestigieuse CalArts, cette école d’art californienne reconnue. Ses premières armes, il les fait dans l’univers de la bande dessinée, en adaptant par exemple le livre autobiographique de David Vann, Sukkwan Island, ou en écrivant ses propres récits comme Préférence système (2020). Quand il se met à dessiner les premières esquisses de ce qui deviendra Arco, il est encore loin de penser au long-métrage. C’est Félix de Givry, encore lui, qui convainc son associé et ami que l’idée vaut la peine d’être développée. C’est alors un tout autre parcours du combattant qui s’offre à eux.

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