À seulement 26 ans, ce réalisateur a tourné avec Camille Cottin, Juliette Armanet Noémie…

Tout commence sur une aire d’autoroute. Ce non-lieu par excellence, à peine identifié, entre deux points précis. Le départ, et l’arrivée. Si elle peut parfois être synonyme de vacances (et des joyeusetés qui les accompagnent),

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 03/12/2025

Tout commence sur une aire d’autoroute. Ce non-lieu par excellence, à peine identifié, entre deux points précis. Le départ, et l’arrivée. Si elle peut parfois être synonyme de vacances (et des joyeusetés qui les accompagnent), l’aire d’autoroute filmée par Nathan Ambrosioni, en ouverture de son nouveau film Les Enfants vont bien, a des allures bien fantomatiques, voire inquiétantes. Deux enfants attendent leur mère dans la voiture. Celle-ci tarde. Il faut donc sortir, la chercher. Celle-ci apparaît. Mais pas de face, d’abord. Dans une subtile idée de mise en scène, le réalisateur présente déjà son personnage comme un spectre, dont la disparition est annoncée par des plans qui se refusent à offrir son visage aux spectateurs. Voilà, vous avez rencontré Suzanne (tendre Juliette Armanet). Bientôt, vous la perdrez. Après avoir laissé ses enfants chez Jeanne, sa sœur (Camille Cottin), celle-ci va partir, sans donner le moindre indice sur sa destination.

Après son dernier long-métrage, le très réussi Toni en famille en 2023, Nathan Ambrosioni retrouve Camille Cottin pour une nouvelle variation sur la famille, donc – sujet de cinéma qu’il s’approprie avec une douceur inattendue, même lorsque ses récits mettent en scène des drames intimes, à la lisière de la tragédie. De quoi faire de lui l’un des cinéastes français à suivre de l’année, avec une attention toute particulière.

Les éclats lumineux du cinéma d’horreur

“Vous n’êtes pas trop déçue de ne pas parler à Camille ?” interroge Nathan Ambrosioni lorsqu’on le rencontre. Il faut planter le décor : tandis que notre collègue échange avec Camille Cottin, son actrice principale, nous avons choisi de rencontrer le réalisateur du film. L’anecdote est intéressante, tant elle illustre son envie de faire briller sa comédienne, quitte à se mettre lui-même en retrait. Pourtant, il y a bel et bien quelque chose de fascinant dans la carrière du Français qui, à 26 ans seulement, peut s’enorgueillir d’avoir réalisé plusieurs longs-métrages, dont l’un des premiers, Les Drapeaux de papier, alors qu’il n’a que 18 ans. Nous utilisons, avec précaution, le pluriel, car Nathan Ambrosioni écrit et réalise ses propres œuvres dès l’âge de 12 ans. Mentionnons des films comme Hostile (2014) ou Therapy (2016), longs-métrages horrifiques qui marquent, déjà, son amour pour un genre longtemps mal-aimé du cinéma français.

À ce titre, il n’est pas déraisonnable de voir dans Les Enfants vont bien un film de fantômes. Il s’agit même, peut-être, de l’analyse qui se rapproche le plus de l’intention de Nathan Ambrosioni, qui filme l’une de ses comédiennes, Juliette Armanet, comme une femme absente à sa propre vie. Peu étonnant pour celui qui a été biberonné au cinéma d’horreur, de sagas populaires comme Conjuring et Insidious à des œuvres plus confidentielles comme le slasher Black Christmas, considéré comme l’inventeur d’un sous-genre bien sanguinolent. “Bien que Les Enfants vont bien ne s’inspire pas de ces films, je pense qu’il reste une trace de tout ça dans mes œuvres”, suggère le cinéaste, après avoir convoqué ses souvenirs d’enfance. Le postulat de départ est tout de même tragique – la disparition d’une mère et d’une sœur, du jour au lendemain, sans laisser de trace. “Mais j’ai voulu le traiter avec beaucoup de lumière et de pudeur, répond-t-il. Ce film est un drame inversé, on commence par le pire pour aller vers la réparation.”

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