À l’intérieur de soi, certains sons naissent sans que les autres ne les perçoivent. C’est ce qu’on appelle des acouphènes, bruits aussi lancinants que stridents, qui touchent en France “approximativement 16 millions d’individus” d’après l’IFOP. A l’instar d’Angèle, Chris Martin ou Barbara Streisand, de nombreuses personnes sont affectées par ces bruits invasifs, qui glissent dans le quotidien comme un écho invisible, venant troubler la quiétude. Explications et solutions.
Qu’est-ce qu’un acouphène ?
L’acouphène, ce murmure obstiné que l’on entend sans qu’il n’existe vraiment, s’invite parfois dans notre vie comme un accessoire dont on aurait malheureusement préféré se passer. Si l’on regarde dans Le Robert, ce son s’apparente à “une sensation auditive anormale (bourdonnement, tintement) qui n’est pas provoquée par un son extérieur.” Dans les faits, ces bruits se manifestent sous forme de sifflements, de bourdonnements ou de vibrations fines, perçus uniquement par la personne qui les subit. Leur origine est souvent floue : une exposition sonore trop intense, un stress qui s’attarde, une oreille interne fragile ou même une simple variation de pression peuvent déclencher cette petite fiction sonore.
Ce déséquilibre entre réalité interne et externe confuse alors le cerveau, le système auditif lui envoyant des signaux erronés, comme s’il rejouait une note déjà éteinte. Ce phénomène n’est pas une hallucination, mais bien une interprétation décalée de notre propre système nerveux. Résultat : le cerveau semble devenir fou, entendant un son dont il n’arrive pas à identifier la source, ni baisser le volume. Dans sa chanson J’entends, la chanteuse Angèle explicite d’ailleurs cette sensation oppressante : “J’entends, je sens, je pars, j’me dis/Encore lui, ce même bruit, j’en peux plus, il me tue/J’l’entends, c’est un cauchemar, je pense/Ce même bruit, j’en peux plus, il me tue, encore lui.”
Quant à son degré de gravité, il diffère selon la durée et la périodicité de l’acouphène : quand il dure moins 3 mois, il est considéré comme aigu, puis sub-aigu entre 3 et 6 mois, et chronique s’il persiste au-delà de 6 mois. Petit rappel : avoir un acouphène de façon épisodique (durant entre 30 secondes et quelques minutes), notamment dans une atmosphère très silencieuse, n’a rien d’anormal. C’est lorsqu’il s’installe sur la durée, souvent à la suite d’un choc sonore, qu’il devient concernant.
Comment soulager un acouphène ?
La rumeur est vraie : il est difficile, voire souvent impossible, de soigner un acouphène car, à ce jour, il n’existe aucun traitement curatif. Néanmoins, certains réflexes peuvent s’avérer salvateurs pour en apaiser l’intensité ou la récurrence. Il faut déjà savoir que certaines formes s’apaisent d’elles-mêmes, quand le corps récupère sa dette de sommeil notamment. D’autres se calment grâce à des thérapies sonores, à travers des sons doux ou des musiques neutres, comme l’eau par exemple (des playlists dédiées sont d’ailleurs disponibles sur YouTube). Les appareils auditifs modernes peuvent aussi masquer ou adoucir ces sons fantômes. Parce que le stress est souvent à l’origine d’acouphènes, offrir au corps un environnement plus calme reste également une clé : la respiration profonde ou le yoga aident souvent à adoucir ces sons intérieurs.