© New Line Cinema / Courtesy Everett Collection
Girls, digne héritière des années 2010
À l’aube des années 2010, presque comme une réponse à Sex and the City (à laquelle elle a beaucoup été comparée), Lena Dunham imagine Girls, nouvelle série produite par HBO et le comédien et scénariste Judd Apatow (pilier de la comédie américaine). À nouveau, le public suit les mésaventures intimes de quatre amies, cette fois-ci bien plus fauchées que leurs consœurs conçues par Darren Star. Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna racontent des vies sexuelles nouvelles, où le plaisir féminin change radicalement le rapport que les femmes ont à leur corps et à leur sexualité (des observations que fait notamment l’autrice Iris Brey dans son ouvrages Sex and the Series, publié dans sa première mouture en 2016, et remanié depuis).
Lena Dunham ne s’en est jamais cachée : Girls a été imaginé avec l’intime conviction de dépeindre des expériences plus proches de la réalité que ce que le petit écran offrait jusqu’alors. Des héroïnes à qui il serait plus aisé de s’identifier, donc, traversées par des doutes et des enjeux contemporains. En résultent des scènes de sexe crues, parfois controversées, couplées à un discours souvent critique des relations hétérosexuelles. Lors de sa première diffusion, la série est perçue comme proposant une rupture nette avec les récits télévisés traditionnels, offrant une exploration plus franche et honnête des complexités de l’âge adulte, en adoptant un point de vue féminin.
Lena Dunham, créatrice de la série Girls, avec le reste de son équipe après avoir remporté le Golden Globe de la meilleure série comique, en 2012.© Paul Mounce – Corbis / Getty Images
Le règne de Rachel Sennott avec I Love LA ?
Rachel Sennott marcherait-t-elle dans les pas d’une Lena Dunham ? Diplômée en 2017 de la prestigieuse Tisch School of the Arts de l’université de New York (une école consacrée aux arts du spectacle, au cinéma et aux médias), elle commence par se faire un nom au cœur de la scène du stand-up new-yorkais (qu’elle a depuis critiqué pour son manque de représentation féminine), aux côtés notamment de la jeune Ayo Edebiri. Mais c’est devant devant la caméra d’Emma Seligman qu’elle fait ses premiers pas au cinéma, dans le génial Shiva Baby (2020) – une extension d’un court-métrage éponyme, réalisé en 2018 comme projet de fin d’études. Largement inspiré par le Palo Alto de Gia Coppola (2013), il met en scène Rachel Sennott dans le rôle de Danielle, une jeune femme juive et bisexuelle, mais surtout perdue. Depuis, elle enchaîne les rôles comiques au ton grinçant, comme dans le film d’horreur Bodies, Bodies, Bodies (Halina Reijn, 2022) ou le teen-movie Bottoms, qui marque les retrouvailles avec Emma Seligman et Ayo Edebiri.

