Si elle nous vient du Canada, c’est pourtant pour ses intrigues excessivement brûlantes que la série Heated Rivalry a conquis le monde. Adaptée de la saga littéraire Game Changers de Rachel Reid, elle met en scène la passion sexuelle et amoureuse de deux espoirs du hockey sur glace qui, par crainte de voir leurs carrières respectives freinées par le milieu conservateur et homophobe dans lequel ils évoluent, vont se voir en secret durant plusieurs années. Rivaux sur les terrains givrés et amants une fois la partie terminée, les deux athlètes s’attirent autant qu’ils attirent les regards autour d’eux. De ce jeu lascif et dangereux naît un programme à la recette addictive.
© Sabrina Lantos / HBO Max / Courtesy Everett Collection
Comment Heated Rivalry a conquis le monde
Lancée à la fin de l’automne sur la plateforme canadienne Crave, où elle est devenue son plus gros succès de tous les temps, puis sur HBO Max aux États-Unis, la série réalisée par Jacob Tierney rencontre un vif succès auprès du public – principalement féminin et queer – qui s’enflamme à son sujet en le relayant massivement sur les réseaux sociaux. Les deux acteurs Connor Storrie et Hudson Williams, qui étaient encore serveurs il y a quelques mois, deviennent des vedettes suivies par plus d’1 million d’abonnés sur Instagram. En deux temps trois mouvements, Heated Rivalry prend le tout Hollywood par surprise.
La raison d’un tel phénomène ? Elle vient probablement de l’intérêt provoqué par un contenu encore rare. Mis à part une poignée de productions teenage (Heartstopper, Young Royals, Red, White and Royal Blue) et le drame historique Fellow Travelers avec Jonathan Bailey et Matt Bomer qui fut injustement ignoré, les romances homosexuelles font encore défaut dans l’industrie du cinéma et du divertissement. Heated Rivalry agit comme un furieux contrepoint à cette carence. La fiction sportive se distingue par sa tension érotique pleinement assumée (là où certaines séries se contentent de la suggérer) et ses nombreuses scènes de sexe – on apprécie d’ailleurs que ces dernières soient filmées avec talent et cohérence, et non gratuitement, par pur esprit de démonstration.
