Sexe, identité, désir d’émancipation : les nouveaux visages de la jeunesse repérés à…

Les voix d’une jeunesse en quête de liberté résonnent à Biarritz cette semaine. Réunies au sein du festival Nouvelles Vagues, elles dessinent les contours d’un cinéma inventif, effronté, mais surtout résolument libre. Libre dans ses

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 27/06/2026

Les voix d’une jeunesse en quête de liberté résonnent à Biarritz cette semaine. Réunies au sein du festival Nouvelles Vagues, elles dessinent les contours d’un cinéma inventif, effronté, mais surtout résolument libre. Libre dans ses formes comme dans ses récits. Libre de s’affranchir des conventions, des attentes et des catégories dans lesquelles on voudrait parfois l’enfermer. Un cinéma profondément engagé, sans jamais renoncer à sa puissance de création.

Des premiers longs-métrages aux œuvres de cinéastes déjà confirmés, les films présentés en compétition, en séances spéciales ou lors des grandes avant-premières du soir partagent une même attention portée à la jeunesse contemporaine : ses élans, ses colères, ses contradictions, ses désirs d’émancipation. Pendant les premiers jours de l’été, Biarritz devient ainsi le théâtre d’un dialogue entre celles et ceux qui vivent cette jeunesse et ceux qui choisissent de la raconter. C’est d’ailleurs l’ambition première du festival. Pour son président et cofondateur, Jérôme Pulis-Etchevers, il y avait un vide à combler : aucun festival au monde ne faisait de la jeunesse son sujet central. Une jeunesse envisagée dans toute sa pluralité, à travers des regards venus d’horizons multiples. “Chacun des films est extrêmement différent de l’autre. On les choisit dans un esprit de découverte et de curiosité, en ayant soin de représenter une certaine parité et diversité. Chacun explore différents aspects du cinéma, différents gestes artistiques. Ça peut être un destin individuel ou un portrait collectif.” “Parce que la jeunesse, c’est aussi le rapport aux autres, à la bande”, ajoute Mathilde Henrot, directrice de la programmation. “Et du coup, il y a cette espèce de grand rassemblement qui se crée. C’est assez magique.”

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Cette vision trouve également un écho dans le partenariat noué avec Chanel, mécène principal du festival depuis sa création. Jérôme Pulis-Etchevers y voit une cohérence historique et culturelle, entre l’implantation de Gabrielle Chanel à Biarritz, où elle ouvrit sa première boutique, et les liens anciens entretenus par la maison avec la création cinématographique. “Il y a un vrai amour du cinéma chez Chanel”, résume le président. Voici cinq films qui, selon nous, en offrent les plus belles incarnations.

Adieu monde cruel de Félix de Givry

Cette année, un motif s’est imposé : celui de la liberté, de la nécessité pour la jeunesse d’échapper aux rôles auxquels la société l’assigne. Une aspiration qui irrigue les récits autant qu’elle anime les cinéastes eux-mêmes. Le premier à l’incarner est Adieu monde cruel, de Félix de Givry. Le réalisateur français dirige Milo Machado-Graner, révélé dans Anatomie d’une chute, aux côtés de la jeune Jane Beever, dont il s’agit ici du tout premier rôle, dans une production cosignée par Ugo Bienvenu, réalisateur d’Arco. Le film suit un adolescent harcelé à l’école qui décide de mettre fin à ses jours. Mais rien ne se déroule comme prévu. Persuadé de sa disparition, son entourage déclenche malgré lui un emballement médiatique et policier dont il choisit finalement de rester à l’écart. Plutôt que de réapparaître, il s’invente une nouvelle existence auprès d’une jeune fille fascinée par sa cavale, qui l’accueille et l’accompagne dans cette parenthèse hors du monde. “Moi aussi, j’ai déjà essayé d’arrêter avec la vie. Je pense que c’est normal”, lui confie-t-elle. Ensemble, ils découvrent leurs premiers désirs, imaginent d’autres identités, d’autres horizons. Peu à peu, la fuite cesse d’être un refuge pour devenir une promesse de renaissance. “Je ne voulais pas être moi, c’était trop dur. Et puis je t’ai rencontré et tout a changé.” Porté par la voix de Françoise Lebrun, le récit assume un héritage de la Nouvelle Vague. Un choix qui prend tout son sens pour ouvrir le festival consacré à la jeunesse : derrière la mélancolie affleure constamment un irrépressible besoin de vivre et de s’assumer.

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