Sofia Coppola s'apprête à sortir un livre sur son film culte…

Aujourd’hui devenu culte, Marie-Antoinette avait pourtant été hué lors de sa présentation au Festival de Cannes en 2006. Difficile pour une réalisatrice américaine, même quand celle-ci s’appelle Sofia Coppola, d’imposer sa vision pop et anachronique

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 19/06/2026

Aujourd’hui devenu culte, Marie-Antoinette avait pourtant été hué lors de sa présentation au Festival de Cannes en 2006. Difficile pour une réalisatrice américaine, même quand celle-ci s’appelle Sofia Coppola, d’imposer sa vision pop et anachronique de la reine la plus détestée de France. Pourtant, son troisième long-métrage connaît aujourd’hui une reconnaissance inédite. La preuve : la cinéaste prépare actuellement une exposition consacrée au film, qui aura lieu au château de Versailles à partir du 22 septembre 2026. Présentée au Petit Trianon et conçue en collaboration avec la réalisatrice, celle-ci explorera la genèse de l’œuvre, ses choix esthétiques et son impact culturel. Parallèlement, Coppola sortira, via sa nouvelle maison d’édition Important Flowers, un livre dédié au film, avec de nombreuses photographies du tournage, capturées par Andrew Durham.

Marie-Antoinette, un biopic pop et anachronique

Pour son troisième film, Sofia Coppola choisit les traits juvéniles de Kirsten Dunst, qu’elle avait dirigée dans Virgin Suicides (1999) pour incarner une reine libre et impertinente, plus moderne que jamais. Pour cela, la réalisatrice n’hésite pas à jouer sur les anachronismes. La bande-son y est pop et sucrée (de New Order à Siouxsie and the Banshees en passant par The Cure), une paire de Converse rose s’acoquine avec les souliers en soie imaginés par Manolo Blahnik, les manches des robes vaporeuses sont raccourcies… Au début de son règne, la Marie-Antoinette de Sofia Coppola jouit des plaisirs de Versailles, fait et défait les modes et refuse l’étiquette rigide de la Cour. Elle collectionne les chapeaux défiant les lois de la gravité, se gave de macarons à la rose et tombe dans les bras de son amant, le Comte de Fersen. Inspirée par la biographie d’Antonia Fraser, Marie-Antoinette : The Journey, sortie en 2001, Sofia Coppola dessine les contours d’une héroïne anti-conformiste et très charismatique. En France, malgré sa pauvre réception sur la Croisette, le film est un succès en salles avec 1,2 million d’entrées.

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Dans son livre Sofia Coppola Archives, paru en 2023, la cinéaste raconte : “Pendant que je travaillais sur le scénario de Lost in Translation, j’ai commencé à adapter la biographie de Marie-Antoinette écrite par Lady Antonia Fraser. Je passais de l’un à l’autre, me tournant vers l’autre projet lorsque je bloquais sur le premier. J’étais profondément attirée par cet univers et par le regard empreint d’empathie que Lady Antonia portait sur Marie-Antoinette.

Auparavant, elle avait toujours été présentée comme une méchante, mais ici elle apparaissait comme un être humain – une adolescente – confrontée à une situation écrasante. Je voulais vraiment souligner qu’elle et les personnes qui l’entouraient étaient des adolescents, et donner l’impression que l’on vivait à leurs côtés dans leur monde, plutôt que de regarder rétrospectivement une époque poussiéreuse. Je voulais raconter l’histoire de son point de vue, presque comme si c’était elle qui avait réalisé le film. La politique ne l’intéressait pas ; elle semblait être guidée avant tout par ses émotions et sa quête de plaisir.” Et d’expliquer l’esthétique du film : “J’ai été très inspirée par la façon dont John Galliano réinterprétait les époques passées dans ses collections, ainsi que par les véritables vêtements de cette période que j’ai vus au Met Costume Institute. Les couleurs étaient plus vives et non pas ces tons terreux et ternes que l’on retrouve dans de nombreux films historiques.

J’ai demandé à la légendaire Milena Canonero de concevoir les costumes et à Odile Gilbert, qui avait travaillé avec Galliano, de créer les coiffures, un élément essentiel du film.”

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