Plus récemment, Rosalía et Loli Bahia ont suscité l’émoi en apparaissant main dans la main dans les rues de New York, vêtues de tenues aux antipodes. La chanteuse portait une robe blanche et des escarpins signés Jacquemus, tandis que sa petite amie optait pour un pull et un jean, fidèles à son style boyish signature. Le couple a remis “swag gap” au cœur des discussions. Mais un tel décalage peut-il avoir un impact sur une relation amoureuse ?
Une dissonance stylistique a-t-elle un impact sur le couple ?
De nombreux psychologues s’accordent sur un point fondamental : le désir et l’attraction entre deux partenaires reposent sur la vitalité perçue ainsi que la reconnaissance, et non seulement sur l’amour. “Le désir durable dans un couple naît lorsque chacun se sent vivant, reconnu et vital aux yeux de l’autre, pas simplement aimé”, explique Harville Hendrix dans son livre best seller Getting the Love You Want : A Guide for Couples (1988).
Or, le style au sens large du terme (posture, présence, soin de soi…) est une manifestation directe de cette vitalité. Lorsqu’un couple n’est pas aligné sur le plan esthétique, cela peut témoigner d’un déséquilibre symbolique sur le rapport à soi – qui se révèle moins superficiel qu’il n’y parait au premier abord.
À la lumière d’une étude scientifique publiée dans le Journal Social and Personnal Relationships, la perception d’inégalité, y compris dans l’apparence et le soin de soi, affecterait directement la satisfaction des partenaires. Il s’agit d’une question d’engagement et d’investissement envers soi-même et in fine envers le couple. La psychologie systémique qui analyse les individus dans un système plus large (couple, famille, milieu professionnel…) renforce cette idée en évoquant le couple comme un miroir dynamique. Si l’un évolue et l’autre reste figé – ne serait-ce que dans son style vestimentaire – cela peut constituer une différence de rythme identitaire.