Puis, une coïncidence extraordinaire les a conduits à la Mostra de Venise. Emilien Vivier a assisté à la projection du film Father, Mother, Sister, Brother de Jim Jarmusch dans lequel Charlotte Rampling joue et qui a été sélectionné en compétition officielle. C’est là qu’elle lui a lancé un défi inattendu, qui constitue le point de départ du projet : “Trouve ton propre chemin pour arriver jusqu’à moi et placer le bijou sur mon oreille.”
Il ne l’aurait fait que pour elle : le créateur a imaginé un ear cuff unique à son image. “J’ai porté des bijoux, mais toujours des pièces chargées de sens. Je n’ai jamais acheté de bijoux pour moi-même. Ceux que j’ai eus m’ont été offerts, souvent par les hommes que j’ai aimés, ou reçus en cadeau, toujours avec beaucoup de simplicité. Finalement, je crois que ce que j’aime le plus avec les bijoux, c’est qu’ils me soient offerts !”, ajoute-t-elle.
Dans le dessin initial d’Emilien Vivier, il y avait davantage de diamants. Ils ont finalement choisi de n’en conserver que trois, afin que la pièce soit davantage en accord avec la personnalité de l’actrice. “Je les ai immédiatement perçus comme les trois fondations d’une personnalité alignée avec la mienne. Ils sont là, ancrés, solides. Mais ce qui m’a surtout fascinée, c’est l’histoire derrière la forme de l’ear cuff : elle résonnait avec qui je suis, comme un miroir de ma personnalité. J’y ai vu le symbole d’une tribu à laquelle je pourrais appartenir, à la manière d’une guerrière. J’ai senti qu’elle pourrait me donner cette force dont nous avons tant besoin dans un monde qui nous en demande beaucoup” dit-elle.
Pour Charlotte Rampling, le bijou est une armure : “Oui, mais pas une armure qui repousse. C’est une pièce qui attire le regard, qui invite à s’en approcher. Le dessin révèle aussi sa sensibilité, il est puissant et délicat à la fois. La pièce est sur mesure, elle recouvre presque toute mon oreille et, une fois portée, je ne la sens plus. C’est magique. Il faut savoir la placer… pour l’instant, c’est encore lui qui m’aide. Promis, bientôt je saurai le faire toute seule ! Tout cela crée une sorte de rituel très agréable, presque intime.”
