Daydreaming of Him chez Saint Laurent Babylone (9 Rue de Grenelle, 75007 Paris), jusqu’au 13 septembre 2026.
Raza Odiada Nunca Muere au Palais de Tokyo
Autre exposition, autre artiste contemporaine française à la vie élastique, tendue entre l’Île-de-France et le sud. Née à Bondy en 1996, Neïla Czermak Ichti s’est depuis installée à Marseille pour étudier à l’École des Beaux-Arts, dont elle sort diplômée en 2021. Son univers graphique est peuplé de créatures hybrides, sorte de monstres protecteurs inspirés par la science-fiction, les films fantastiques, les mangas et les mythologies familiales, qui viennent illustrer des supports souvent modestes comme du carton, du tissu ou des papiers récupérés. Toiles de bonne fortune que Neïla Czermak Ichti vient recouvrir grâce au stylo-bille ou à l’acrylique pour inventer des figures qui pourraient être ses proches (sa famille, ses amis, ou même des figures héritées de souvenirs personnels), si l’on oublie leurs traits exagérés et autres caractères fantastiques.
Représentée par la Galerie Anne Barrault, Neïla Czermak Ichti a exposé son travail dans des institutions comme la Villa Arson, le MAC VAL, l’Institut du Monde Arabe ou le Centre Pompidou-Metz, avant d’inaugurer sa première exposition personnelle au Palais de Tokyo. Intitulée Raza Odiada Nunca Muere (une expression empruntée au groupe de deathgrind metal Brujeria et qui signifie “Race haïe ne meurt jamais”), celle-ci explore l’arbre généalogique de l’artiste, traversant ainsi ses secrets familiaux, les mémoires diasporiques et la fabrication de légendes personnelles à travers des dessins, des fresques, des sculptures et des animatroniques. Avec l’aide de son père, le peintre Polô Czermak, Neïla Czermak Ichti imagine donc une salle de classe hantée, où “les leçons s’apprennent au fil des épreuves endurées par celles et ceux qui l’ont précédé”.
