Mais cette vague sixties ne s’arrête pas aux couvre-chefs. Sur les tapis rouges de la saison des prix 2026, les clins d’œil se multiplient : Teyana Taylor accessoirisait sa tenue de gants en cuir noir aux Critics Choice Awards, tandis que Parker Posey et Odessa A’zion faisaient de même aux Golden Globes.
Mais s’il fallait désigner l’ambassadrice numéro un de ce revival, ce serait sans doute Pamela Anderson. Tout au long de la tournée promotionnelle de Y a-t-il un flic pour sauver le monde ?, l’actrice a enchaîné les silhouettes mid-century. Un jour, elle complétait un ensemble fleuri Marni d’un foulard blanc très “première dame”. Un autre, elle optait pour une ligne plus épurée : robe noire ultra graphique au dos drapé, coiffée d’un pillbox léopard signé Gigi Burris. Troisième variation : une robe de soirée sur mesure en satin bleu marine Thom Browne, à encolure bateau et silhouette trapèze, rehaussée de gants en mesh noir longueur poignet et d’une broche Pandora en diamants créée spécialement pour l’occasion.
L’engouement actuel pour les accessoires rétro ne relève pourtant pas d’une simple nostalgie. Il s’agit plutôt d’injecter du caractère à des looks contemporains. Pour la collection Pre-Fall 2026, Chloé associait ainsi des pillbox à des épaules power eighties et des péplums ballon, tandis que Dior parsemait ses silhouettes de broches à franges perlées. Balenciaga, fidèle à son goût du contraste, mariait gants longs et brassières sport avec hoodies. Une continuité évidente avec le printemps-été 2026, où Chanel multipliait les broches florales XXL et Prada misait sur des gants statement aux couleurs acidulées avec ses robes maison.
Mais comment ces accessoires se sont-ils imposés, dès le début des années 1960 ? Une réponse s’impose : Jackie Kennedy. Si le président John F. Kennedy incarnait une vision politique tournée vers l’avenir, la garde-robe de la première dame célébrait une féminité classique et maîtrisée. Chapeaux pillbox, broches, gants, foulards… Son style a rapidement façonné l’idée américaine de l’élégance moderne, devenant un modèle aspirationel pour des millions de femmes qui la découvraient à la télévision. Même sans accès à la haute couture Chanel, il était possible d’en capter l’esprit par le jeu du styling.
L’inspiration ultime ? Jackie Kennedy
Les accessoires sont alors devenus un raccourci vers cette esthétique “new Americana” sophistiquée. Quelques pièces bien choisies suffisaient à transformer une tenue de grand magasin. “Les femmes du début des années 1960 possédaient souvent peu de tailleurs ou de robes, et comptaient sur les accessoires pour renouveler leur garde-robe”, explique Elizabeth L. Block, autrice de Gilded Age Fashion. “Un bon tailleur pouvait être reporté encore et encore, simplement en changeant de chapeau, de gants, de broche, de bijoux ou de blouse. En hiver notamment, c’était une approche très pragmatique.”