Devrais-je me sentir coupable de voyager avec un bébé qui pleure ?

Sur TikTok, un homme a posté une vidéo dans laquelle il exigeait de se faire rembourser après un vol perturbé par les cris d’un bébé installé dans une allée près de la sienne. Ce type

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 23/01/2026

Sur TikTok, un homme a posté une vidéo dans laquelle il exigeait de se faire rembourser après un vol perturbé par les cris d’un bébé installé dans une allée près de la sienne. Ce type est un imbécile. Il y a quelques années, une femme a distribué aux autres passagers d’un vol Corée du Sud-États-Unis des mots d’excuse manuscrits et des sachets contenant des bouchons d’oreilles, du chewing-gum et des bonbons pour s’excuser de voyager avec un bébé susceptible de pleurer. Cette femme était bien attentionnée, mais naïve.

Je ne comprends ni la culpabilité que ressentent les parents qui s’excusent de ne pas pouvoir contrôler le comportement d’un petit être sans défense, ni l’indignation de ceux qui accusent un bébé en pleurs d’avoir gâché leur journée.

Voyager avec un bébé, mode d’emploi

Ces anecdotes s’inscrivent dans une tendance plus générale qui tend à éloigner les enfants de l’espace public, tendance qu’on retrouve dans certains clubs de vacances ou restaurants où la présence des enfants est tout bonnement interdite. La SNCF en a fait les frais en proposant une offre premium de wagon sans kids. Face au tollé et pour répondre aux polémiques l’accusant de vouloir invisibiliser cette partie de la population, la SNCF a fait marche arrière en excluant uniquement de ces espaces les enfants de moins de 12 ans…

Je suis par nature quelqu’un de bruyant, car j’ai la voix qui porte, mais la simple pensée de gêner quelqu’un par ma présence m’est insupportable. Je ne discute jamais pendant les films et je n’utilise pas le haut-parleur pour téléphoner lorsque je suis en public. En revanche, je ne vois aucun problème à ce que ma fille ne soit pas parfaitement silencieuse en toutes circonstances. Oui, on peut sans doute dresser un enfant comme un labrador pour qu’il se taise, mais c’est une tout autre affaire avec les nourrissons: ils passent leur temps à hurler à pleins poumons, sans que l’on sache toujours pourquoi. L’éducation des bambins est, quant à elle, une guerre de tous les instants: chaque minute est consacrée à éviter de justesse des scènes de carnage dignes d’un film catastrophe. Bien des parents voyageurs connaissent la douleur de voir leur enfant faire une crise pile au moment où il devrait attacher sa ceinture, et de lui fourrer des chips dans la bouche ou un iPad poisseux entre les mains pour tenter d’endiguer l’apocalypse qui s’annonce. Leur voix se fait de plus en plus aiguë, trahissant la panique qui les gagne tandis que les cris de leur enfant franchissent le mur du son à dix mille mètres d’altitude.

Lire aussi :  Le prime des vérités pour la bande de TBT9: Une soirée où plus rien ne peut être...

Inutile de le préciser: les bébés pleurent. Sans pouvoir exprimer leur inconfort par des mots ou par des gestes, ils doivent se contenter de sangloter sur leur bavoir. Un bébé pleure parce que sa couche est sale, parce qu’il est fatigué, parce qu’il a faim, parce que l’étiquette de son body le gratte, parce qu’un courant d’air froid a traversé la pièce, parce qu’il y a une pause de 12secondes entre deux vidéos YouTube éducatives… Si l’année d’un bébé pouvait être résumée à la manière d’un Spotify Wrapped, le résultat serait une compilation de hurlements plus ou moins aigus.

Laisser un commentaire

Précédent

Jogging dans les chaussettes : la tendance controversée de 2026 ?

Suivant

Rencontre avec Alexandre Mattiussi, fondateur d'AMI