Emily Henry, autrice de romans à succès portés aussi bien par le New York Times que TikTok, revendique sans complexe son goût pour les intrigues amoureuses légères et accessibles. Première adaptation cinématographique de l’un de ses livres, People We Meet on Vacation affiche la même franchise quant à ses intentions. Le film s’ouvre sur un horizon azur, le ressac des vagues et une héroïne allongée sur la plage, un roman à la main – avant que les pages ne soient souillées par les excréments d’une mouette de passage. En quelques secondes, cette entrée en matière esquisse le portrait d’une protagoniste malchanceuse qui ne parvient pas tout à fait à vivre sa meilleure vie. Le ton est donné : sous la direction de Brett Haley, le film parle le langage de la comédie romantique avec entrain, sans chercher à le subvertir ou à l’élever. Et c’est tant mieux.
Deux opposés qui s’attirent
Sorti sur Netflix pile à temps pour dissiper la morosité de janvier, People We Meet on Vacation ne réserve aucune surprise à un public qui n’en réclame pas. Dès la rencontre entre Poppy Wright et Alex Nilsen, étudiants mal assortis, l’issue de leur histoire ne fait guère de doute. Le film évite pourtant l’écueil des platitudes en préférant la satisfaction de voir les rouages familiers de la romance se mettre en place avec une précision rassurante. Le trope des opposés qui s’attirent est ici utilisé sans détour. Pendant la majeure partie des neuf années que couvre le récit, Poppy est persuadée de ne désirer qu’une seule chose : une vie intense, trépidante, constamment en mouvement. Alex, à l’inverse, se projette déjà dans une vie stable, enracinée dans leur ville natale, une région fictive de l’Ohio appelée Linfield. Là où elle rêve d’évasion, lui aspire à construire un foyer. À la fin de leur dernier semestre à l’Université de Boston, il lui propose de la ramener dans le Midwest, donnant le coup d’envoi d’un périple de deux jours. Leurs différences sautent immédiatement aux yeux : Poppy est volubile et extravertie, quitte à en faire trop et se montrer maladroite, tandis qu’Alex est plus réservé, pragmatique et réfléchi. Sa bienveillance et son ouverture d’esprit tempèrent malgré tout leurs échanges, posant les bases d’une amitié solide.
Après ce premier voyage, Poppy et Alex instaurent une tradition : se retrouver chaque été pour partir en vacances ensemble, même si leurs vies prennent des chemins très éloignés : elle devient rédactrice de voyage à New York pour un magazine dirigé par la géniale Jameela Jamil, tandis qu’il est un universitaire casanier toujours ancré dans l’Ohio. Les séquences des vacances passées, qui les mènent des rues colorées de la Nouvelle-Orléans aux vignobles de la Toscane en passant par la nature sauvage canadienne, soulignent leur alchimie persistante, régulièrement contrariée par divers autres intérêts amoureux. Dans le présent, les retrouvailles ont lieu à Barcelone, à l’occasion du mariage du petit frère d’Alex, après deux années de silence. Que s’est-il passé lors de leur dernier séjour commun ? Et que reste-il de leur lien aujourd’hui ? Le film ne tarde pas à apporter ses réponses.