Detox des réseaux sociaux : comment une pause des réseaux sociaux a affecté mon corps
Je suis dans le métro. Le décor est familier, presque hypnotique dans sa monotonie : tout le monde regarde vers le bas en faisant défiler son écran de téléphone. Moi, en revanche, je m’ennuie parce que je me suis lancée un défi personnel. Au lieu d’un smartphone, je vais utiliser un vieux téléphone portable à clapet pendant une semaine. J’ai commencé à l’utiliser il y a quelques heures seulement. Et le fait que mon pied gigote nerveusement est probablement un signe que j’ai urgemment besoin de cette pause des réseaux sociaux.
Detox des réseaux sociaux : pourquoi c’est bon pour la santé
Bien que l’addiction au smartphone ne soit pas officiellement reconnue comme un diagnostic dans la Classification internationale des maladies publiée par l’Organisation mondiale de la santé, un nombre croissant d’études mettent en évidence les effets négatifs potentiels d’une utilisation excessive des réseaux sociaux. Il s’agit notamment de troubles du sommeil, d’anxiété, de dépression, d’impulsivité et d’isolement, pour n’en citer que quelques-uns. Je n’en suis pas encore là. Mais lorsque je me sens incroyablement vide après une heure de scrolling ou que j’emporte dans mon sommeil les images lumineuses de la dernière session de la journée, cela suffit à me faire constater que je gagnerais probablement à y consacrer moins de temps.
Au cours de la semaine précédant mon défi, mon temps d’écran sur mon smartphone s’élevait à deux heures par jour. C’est sur les réseaux sociaux que je passe le plus de temps – en premier lieu TikTok, suivi d’Instagram et de WhatsApp. Cette durée reste “normale.” Selon Agorapulse, la durée moyenne actuelle d’utilisation en France est de 1h48 par jour. Sur mon nouveau téléphone, un portable rose vif à clapet, il n’y a pas d’applications, donc pas de mèmes, pas de likes, pas de distractions. C’est parfait pour maîtriser ma dépendance aux réseaux sociaux. Pour me joindre, il faut désormais m’envoyer un SMS ou me téléphoner. Un voyage dans le temps jusqu’en 2007 pour ainsi dire.
1er jour sans réseaux sociaux : le défi
En me réveillant lundi matin, premier jour de mon expérience, ma main se dirige vers ma table de nuit. Je constate avec regret qu’il n’y a pas d’écran qui s’allume, pas de notifications, pas de petite dose de dopamine pour me propulser dans la journée. Je fixe le plafond, j’essaie de me calmer en pensant que ce silence est précisément ce que je voulais. Au fur et à mesure de la journée, je réalise que ce téléphone portable ne signifie pas seulement renoncer aux réseaux sociaux, mais aussi à un bon appareil photo, à mes mails, à Google Maps, à Uber, à Spotify, à Vinted, soit à tous mes intérêts et besoins répartis sur des apps.
Des symptômes de manque apparaissent. À de nombreux moments, j’ai envie d’attraper mon téléphone de façon automatique ou de faire défiler les réseaux sociaux. Au lieu de cela, je dois penser à d’autres façons de me détendre. Il faut bien l’avouer : ma plus grande motivation pour ne pas répondre à mon smartphone ne réside pas forcément dans le fait que l’abstinence me fait tant de bien, mais plutôt dans le fait que je serais très gênée de devoir admettre que je ne peux pas m’en passer. Je me demande combien de vidéos m’ont été envoyées entre-temps ? J’ai reçu combien de notifications ?
Dès le 3e jour sans réseaux sociaux, les premiers effets positifs se font sentir
À partir du troisième jour, je commence à ressentir les aspects positifs de l’expérience. Je me lève le matin et me sens libérée de ne pas devoir répondre directement aux messages ou de ne pas devoir aimer, partager ou ignorer des posts. Je me résigne à l’absence de ce petit frisson que l’on ressent en regardant son smartphone. À la place, j’attrape un livre, ou j’appelle mes amis. Soudain, je suis beaucoup plus bavarde, j’ai sans doute un besoin de communication plus fort, qui est normalement satisfait par les petits messages que je reçois ou que j’envoie.