Il faut de l’audace pour déshabiller le corps. Courbes de femme enceinte, fessiers et jeu de jambes galbées… Les créateurs explorent l’anatomie donnant naissance à des bijoux qui dénotent dans l’univers feutré de la joaillerie. Portées par le même souffle inventif, ils donnent naissance à des mini sculptures anatomiques.
Les bijoux anatomiques, la nouvelle obsession des créateurs
Schiaparelli, au commencement des bijoux anatomiques
C’est Elsa Schiaparelli qui explore ce phénomène à l’avant-garde. Dès les années 1930, elle interprète les parties du corps humain à travers son approche surréaliste et subversive. “S’amuser. C’est ça dont on va avoir envie dans les temps qui viennent”, expliquait Daniel Roseberry. Le génie à la tête de la direction artistique de la maison perpétue l’héritage de la fondatrice, en analysant toutes les notions qui constituent l’histoire de la maison. C’est ainsi qu’il érige l’anatomie en majesté, redéfinissant les contours du corps notamment à travers des créations en or, devenues sa signature :“Nos motifs préférés (yeux, nez, trous de serrure) ont trouvé une nouvelle vie dans des boucles d’oreilles et des colliers en métal doré texturé.”
Marine Billet, la sculptrice derrière le plus célèbre des bijoux anatomiques
Il est impossible d’évoquer les bijoux anatomiques sans mentionner le Collier Poumon Schiaparelli, porté par Bella Hadid sur le tapis rouge du Festival de Cannes 2021. Cette création parsemée de centaines de strass a été imaginée pour la collection haute couture automne-hiver 2021-2022 et façonnée par Marine Billet, celle qui donne vie aux croquis de Daniel Roseberry, directeur de la création. “Il nous a commandé cette pièce seulement deux semaines avant de présenter sa collection. Lorsque j’ai découvert le dessin, j’ai tout de suite su que ça allait être une pièce exceptionnelle”, explique-t-elle. Après avoir feuilleté des livres d’anatomie et étudié le fonctionnement des poumons afin de coller à l’univers surréaliste de la maison, elle s’est enfermée dans son atelier. Pas moins de 200 heures de travail et trois personnes dédiées ont été nécessaires à la conception de ce bijou. “Nous avons réalisé ce collier entièrement en laiton : la partie centrale est une plaque mise en volume – ce qui la rend légère – que nous avons découpée et bombée. Puis, il a fallu créer les bronchioles : un travail de fourmi. Fil par fil, nous avons fabriqué des mini paquets de branches et des plus grands paquets que nous avons soudés au corps principal. Une fois terminé, nous l’avons trempé dans un bain d’or et posé les strass un à un.”
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