Vogue rend hommage à Marina Yee, pionnière des Six dAnvers

“Nouvelle personne à l’ancienne”, selon ses propres mots, Marina Yee privilégiait le réemploi de vêtements vintage. Passionnée par les manteaux et l’utilitaire, elle “écoutait” chaque pièce avant d’intervenir. Ses transformations, à la fois mesurées et

Ecrit par : Bastide MURAT

Date de publication : 04/11/2025

“Nouvelle personne à l’ancienne”, selon ses propres mots, Marina Yee privilégiait le réemploi de vêtements vintage. Passionnée par les manteaux et l’utilitaire, elle “écoutait” chaque pièce avant d’intervenir. Ses transformations, à la fois mesurées et instinctives, atteignaient une précision désarmante. Parmi ses signatures, le blouson bomber M.Y., rehaussé d’un unique panneau de denim ancien découpé à la main, et la veste Eliah, aux lignes anguleuses et aux volumes cubistes.

Une vision anti-conformiste

Interrogée par Chris Maradiaga, Marina Yee résumait sa démarche par une expression flamande : travailler “avec un coin en moins”. Autrement dit, créer quelque chose d’apparemment parfait puis le fissurer, de manière instinctive, pour lui insuffler de la vie.

Longtemps, elle a enseigné, collaboré dans l’ombre et mené ses propres projets loin des projecteurs. Invitée par la boutique japonaise Laila en 2018, elle revient sur le devant de la scène selon ses règles. En 2021, elle lance sa griffe personnelle, M.Y.. Comme le confie Kaat Debo à Vogue, la liberté et l’individualité furent centrales pour Marina : une trajectoire volontairement en marge, guidée par ses propres méthodes de création. Même éloignée du système pendant des années, elle n’a jamais cessé d’expérimenter dans le secret de son atelier, entre art et mode. Son œuvre dépasse les cadres de l’industrie, avec le courage d’aller à contre-courant d’un milieu qui récompense souvent la conformité.

En 2018, lorsqu’on l’interrogeait sur son but, Marina Yee répondait avec simplicité qu’elle espérait surtout que certaines personnes auraient envie de porter ses pièces. La reconnaissance n’était pas son moteur — même si, admettait-elle, tout créateur y aspire un peu. Ses vêtements, pratiques avant tout, cachent dans les détails ce qui les rend spéciaux. Rien de clinquant au premier regard : elle souhaitait que l’on saisisse la beauté des finitions et que l’on adhère à une mode plus lente et plus discrète.

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Marina Yee : chronologie d’une vie créative

1958
Naissance à Anvers. Fille de marchands d’antiquités, elle découvre la mode par elle-même, en feuilletant les Marie Claire de sa mère, selon Wanderful. Enfant nomade, elle aurait déménagé “pas moins de quatorze fois avant ses vingt ans”.

1973
À 15 ans, elle intègre l’Institut Sint-Lucas de Hasselt.

1976
Avec Martin Margiela, elle s’installe à Anvers et rejoint la Royal Academy of Fine Arts. “Je n’avais aucune attente, parce que la mode n’existait pas vraiment à cette époque”, confiait-elle à Wanderful en 2017.

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